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Earl Cox, gourou de l’IA, explique dans Beyond Humanity : Cyber revolution and Future Mind que nous vivons le déclin de la civilisation et l’aube de la supercivilisation robotique. Nous allons transférer le contenu de nos esprits dans ces vaisseaux créés par nos enfants mécaniques… Libérées de notre fragile forme humaine, ces intelligences humaines artificielles vont transcender les timides concepts de déité et de divinité tenus aujourd’hui pour vrais par les théologiens. Daniel Crevier, autre spécialiste réputé de l’IA, soutient quant à lui, en s’appuyant sur l’Ancien et le Nouveau Testament, que l’immortalité numérique n’est pas incompatible avec le dogme chrétien de la résurrection des corps. " Il est certain, écrit-il, que l'information et l'organisation constituant notre esprit auront besoin d'un quelconque support.
J'interviens. Crevier dit "quelconque support". Est-ce certain ? Autant superposer les supports à l'infini. Il veut un support matériel pour un être pensant sur un support Dieu qui, lui, dépendrait d'un support de plus. Comme moi, Dufresne ne se laisse pas embarquer par le paradis numérique, mais reste sur un questionnement. La Cyberthéologie du site ci-présent propose une réponse globale à l'ensemble de la question de "supports". Soit dit en passant que dans 2001 Arthur Clarke envisageait une sorte de plongée en enfer sur support numérique.
Le Christ est ressuscité dans un nouveau corps ; pourquoi ce nouveau corps ne serait-il pas une machine Daniel Crevier, The tumultuous History of the search for Artificial Intelligence, New-York, Basic Books, 1993, pp 278-80.. "
Voilà peut-être le fin mot de la cyberthéologie. Dans The Age of Mind, Transcending the Human Condition through Robots, Hans Moravec, de l’Université Carnegie-Mellon, décrit avec précision les mécanismes de la nouvelle apothéose : “ Il est facile d’imaginer comment la pensée humaine pourrait se libérer de ses liens avec un corps mortel. De même, explique-t-il, que l’on peut transférer un processus de traitement de données d’un ordinateur à un autre, de même on pourrait transférer l’activité intellectuelle d’un esprit humain à un ordinateur Cité par David F. Noble, op. cit., p. 162.. ” Moravec va même jusqu’à décrire l’intervention chirurgicale consistant à greffer le cerveau humain sur un ordinateur. Au fur et à mesure que le cerveau s’affaiblirait avec l’âge, l’ordinateur prendrait le relais pour remplir ses principales fonctions. Et ainsi, à condition que l’on fasse suffisamment de copies de ce logiciel personnalisé, son propriétaire d’origine serait pratiquement assuré de l’immortalité.
Il serait intéressant de demander à un Bouddhiste si une intelligence artificielle est assimilable à un deva, demi-dieu contraint de repasser par de nouveaux cycles de vie matérielle.